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Procès des Comédiens français et des Comédiens forains. 275
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des farces et petites comédies, les fupplians fe pourvurent devant le fleur Lieutenant de police et obtinrent contre eux plufieurs fentences, quelques-unes defquelles furent confirmées par des arrêts contradictoires du Parlement de Paris qui défendirent exprelTément à ces particuliers ct à tous autres de jouer aucune pièce, ni farce quelles qu'elles puffent être; et, fur ce qu'ils prétendirent éluder en diverfes façons ces défenfes, il intervint un arrêt contradictoire au Parlement de Paris le 2 janvier 1709 par lequel, entre autres chofes, la cour ordonna que les arrêts confirmatifs des fentences de police et règlemens feroient exécutés, leur fit défenfe, et à tous autres, dc faire fervir leurs théâtres à autres ufages qu'à ceux de Ieur profeffion, et en cas de nouvelle contravention, permit de démolir Ies théâtres. Pour tâcher d'éluder la difpofirion de cet arrêt, ces baladins, fous le nom des nommés Holtz et Godard, fuiffes de Son Alteffe Royale M. le duc d'Orléans, auxquels ils fuppofoient avoir vendu les loges qui leur appartenoient dans le préau de la foire St-Germain et aux gages defquels ils fe fuppofoient être, préfen-tèrent requête en la prévôté de l'Hôtel pour y furprendre une permiffion de continuer leurs contraventions : cela n'étoit fait que pour donner lieu à un conflit pendant le cours duquel ils efpéroient profiter du tems de la foire St-Germain. Un des fupplians, à l'infu et fans la participation des autres, crut qu'il n'y avoit point de danger de reconnoître cette juridiction : il y fit préfenter un procureur, et par fentence contradictoire du 5 février 1709, les fuiffes furent déboutés de leur demande et il fut ordonné que la fentence de police et les arrêts de la cour dc Parlement feroient exécutés félon leur forme et teneur. Holtz et Godard en interjettèrent appel et relevèrent au Grand-Confeil. Le même, qui avoit déjà reconnu la prévôté de l'Hôtel, pourfuivit encore le jugement de cette appellation et fit confirmer la fentence par un arrêt par défaut du 25 février. Pendant que cela fe paffoit, Selles, Nivclon, Dolet, Laplace et Bertrand affichoient et jouoient ouvertement^ tous les jours. Les fupplians firent tranfporter chez eux des commiffaires qui cn dreffèrent leurs procès-verbaux; ils les firent enfuite affigner au Parlement de Paris, et comme les contraventions et la désobéiffance étoient évidentes, il intervint un arrêt le 19 février, contradictoire avec Nivelon et par défaut contre les autres, qui donne acte à Nivelon de ce qu'il offrait d'exécuter les arrêts de la cour, déclara' les peines prononcées par l'arrêt du 2 janvier encourues par les autres ; ce faifant, ordonna qu'attendu leur défobéiffance, leurs théâtres feroient démolis par l'huiffier Giraud auquel il fut permis de faire faire ouverture des portes en préfence du commiffaire du quartier. Ce même arrêt fait itératives défenfes à Dolet, Laplace et Bertrand et à tous autres d'y contrevenir à peine de prifon, les condamne en i„ooo livres d'amende et en 3,000 livres de dommages et intérêts envers les' fupplians. Dès que cet arrêt eut été rendu, Selles, Dolet, Laplace et Bertrand furprirent au Grand-Confeil un arrêt, fous le nom des deux fuiffes, qui donne acte à ceux-ci de ce qu'ils prenoient le fait des autres et qui caffe toute la procédure faite contre eux au Parlement. Cet arrêt ne pouvoit les mettre à couvert
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